Tania

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Je m’appelle Tania, je suis infirmière en néonatalogie au CHU Sainte-Justine depuis déjà 5 ans. Ironiquement, je suis également la maman d’Anthony, 1060 grammes, né par césarienne à 30 semaines à cause d’un retard de croissance sévère. À 29 semaines, je faisais mes adieux à mes collègues, je leur disais « on se voit dans 1 an! ». J’étais très loin de me douter de la suite des choses. Une semaine plus tard, je franchissais les portes de mon lieu de travail pour aller rencontrer mon trop petit bébé. J’avais une longueur d’avance sur les autres mamans, j’étais 100% autonome avec mon fils. Papa est devenu un expert très rapidement. Le kangourou, le gavage, le respirateur, tous les termes médicaux et l’inconnu, n’ont pas été une difficulté pour nous comme cela l’est pour les autres parents. Par contre, j’en savais trop. Je savais toutes les complications que mon fils pouvait avoir. Les premiers jours, devant nous, je voyais de gros nuages noirs qui représentaient chacune des complications. Je ne me souvenais plus des belles histoires. Je ne me rappelais que de ses bébés de 30 semaines qui n’ont pas eu la chance d’avoir un parcours parfait comme Anthony. J’ai du apprendre à laisser l’infirmière de coté et profiter de l’instant présent avec mon bébé. J’ai appris à faire confiance à la vie et en mon fils. J’étais déjà une passionnée de la néonatalogie, mais maintenant, j’ai la néonatalogie tatouée sur mon cœur à tout jamais.